Patrick La Prairie, est Chargé de mission à Ouest-France.
Les jeunes disent souvent : « Les médias parlent de nous quand il y a des problèmes, les problèmes qu’on provoque ou, au mieux, les problèmes qu’on a. Jamais quand on se bouge pour les autres ». Ouest-France a entendu ce message en forme d’appel. Et a décidé de d’agir, pour et avec les jeunes solidaires de l’Ouest.
Après une première expérience réussie en 2006 en Pays de la Loire (à l’occasion des Assises de la jeunesse et de la presse écrite), le journal inscrit dans la durée et sur toute sa zone (12 départements de Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire) une démarche originale, nommée « Jeunes citoyens », avec deux facettes « Jeunes correspondants » et « Initiatives solidaires ».
Le journal, depuis deux ans, engage une soixantaine de « Jeunes correspondants » de 15 à 25 ans. Payés à l’égal des autres correspondants, ils partent à la recherche de jeunes de leur âge qui « se bougent dans la Cité », notamment ceux qui sont passés de l’indignation à l’action concrète au service de plus faibles ou de plus seuls. Ils le racontent dans les pages locales ou départementales du quotidien. Ces articles sont repris et lisibles dans un dossier spécial de www.ouest-france.fr.
Ouest-France veut aussi donner un coup de pouce financier à des projets de solidarité. Avec le soutien actif de la Fondation de France, le journal a créé le Prix Initiatives solidaires. Grâce au réseau des points d’information jeunesse des directions régionales de la jeunesse, des sports et de la vie associative, près de 120 dossiers de candidatures ont été déposés en 2007. Ils concernent surtout des projets humanitaires, à l’étranger, et (trop) peu d’actions solidaires de proximité. Passés au tamis de jury régionaux, 20 projets sont retenus par le jury final. Des sommes de 200 à 1000 euros sont remises aux lauréats.
Ces opérations sont modestes mais elles ont fleuri au mileu d’actions de la même veine :
- Ouest-France est à l’origine de l’opération qui a permis, en 1999, à 80 000 élèves des quinze pays membres de l’Union européenne d’alors, de proposer la devise de l’Europe : « Unité dans la diversité », devenue dans le projet de constitution « Unie dans la diversité ».
- Ouest-France a co-organisé en octobre 2005 avec le Grrem, l’Arpej, le Clemi et la Mission Jeunesse de la ville de Rennes, le colloque « Les jeunes, un singulier pluriel » sur la responsabilité des médias dans l’image donnée des jeunes.
- Le journal est moteur de l’opération « classes-presse » qui permet à environ 5000 collégiens, dans 10 départements, de plonger dans la presse et d’écrire sur des thèmes « citoyens » (le développement durable en 2008), avec le parrainage d’un journaliste par classe. Le journal valorise l’expression de ces jeunes dans un supplément encarté en juin (600 000 ex l’an dernier).
- Dimanche Ouest-France travaille en partenariat avec « Reporters d’espoirs » pour également mettre en valeur (une page chaque mois) les initiatives qui contribuent à changer le monde, concrètement.
Ces projets naissent sur un terreau favorable : le journal dépend d’une association 1901 sans but lucratif, l’ « Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste ». Des grands mots, certes, mais qui ont généré une démarche volontariste et cohérente.
Contact rédaction en chef : 02 99 32 62 49





2 commentaires
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Séguineau a dit :
15 février 2008 à 11 h 57 min (UTC 1)
Encore un espace de formatage des jeunes par la presse dominante seule et unique.
Que les journalistes fassent leur boulot d’information sans effet sensationnel, c’est tout.
Non à la Ouestfrancisiation des esprits!
Samuel
Patrick La Prairie a dit :
15 février 2008 à 19 h 29 min (UTC 1)
Réaction bien vive que je crois injuste, sauf si vous considérez à la fois :
- que Ouest-France cherche « l’effet sensationnel ». Nous sommes au contraire critiqués pour être trop terne et trop équilibrés dans nos analyses!
- que nous avons un poids dominant chez les jeunes (cible du « formatage »). Hélas notre lecteur moyen a plus de 50 ans !
Nous ne désespérons pas de rendre les jeunes lecteurs d’Ouest-France, nous voulons surtout les rendre « lisibles », c’est à dire d’en donner, au fil des jours, une image « juste ». Ce qui est impossible, à faire, et à juger !
Continuons à nous indigner, et/mais cherchons à être « juste » !